Henri Gagnon, diacre
Fondateur de l'Oeuvre et du Sanctuaire de Saint-Pérégrin
Église Catholique Romaine + Diocèse de Montréal

1987 - 2012:
25e Anniversaire de l'Oeuvre et du
Sanctuaire de Saint-Pérégrin.

À l'occasion du 25e anniversaire de fondation de l'Oeuvre et du Sanctuaire de Saint-Pérégrin à Montréal,
il me fait plaisir, à titre de co-fondateur, de vous présenter un homme de Dieu véritable.
J'ai connu Henri lorsque j'avais 12 ans.  Il était professeur en enseignement religieux à l'école Jean-Baptiste-Meilleur à Montréal.
Devant la détresse familiale que je vivais à ce moment, il est devenu pour moi un père et m'a pris sous sa protection.
Devant sa générosité, il a assuré que je poursuive mes études et accepté comme adjoint à son poste d'animateur de pastoral
aux Habitations des Tours Frontenac sur les rues Bercy et Du Hâvre.  Cette courte biographie démontre la sensibilité et la générosité d'un homme.
C'est un diacre... avec un coeur de prêtre.


Le Diacre Henri en Images

 

Photo prise en juin 2009
à l'occasion de son 88e
anniversaire de naissance.

Icône vénérée au Sanctuaire
de Saint-Pérégrin, située dans le choeur
de l'église paroissiale

Monsieur le diacre Henri Gagnon en
compagnie du co-fondateur,
Sylvain Tremblay,
maintenant prêtre
de l'Église Chrétienne Catholique Traditionnelle

Un homme de Dieu au Service des Malades


Le 5 avril 1981, à l'âge de 60 ans, Henri était ordonné diacre permanent par Monseigneur André-Marie Cimichella, évêque auxiliaire et curé de la Cathédrale Marie-Reine du Monde à Montréal, Québec.  Pendant qu'il était appelé à une belle retraite de l'enseignement tout en étant au service du Peuple de Dieu, ce diacre est conduit par l'Esprit-Saint sur un chemin inconnu en fondant une oeuvre pour les malades qui est reconnue à travers le monde.

Avant de parler de cette oeuvre, il serait bon de connaître les différentes étapes de sa vie qui l'ont conduit à l'âge vénérable de 86 ans, bientôt 87 ans.  Le 5 juin 1921, Henri naît près d’un lac sur la rue Saint-Désiré.  Ce village se nomme le Lac Noir (Black Lake) qui est situé près de Thetford.  Qui peut se vanter d’être né près d’un lac ?  Il nous semble voir Jésus  sur le rivage et attendre notre ami Henri d’un œil complaisant comme la fille du Pharaon qui sauve Moïse parce qu’il est beau.  Disons qu’il y a aussi la beauté de l’âme pour en consoler quelques uns, disait-il.  Il fût baptisé le jour suivant par Monsieur l’abbé Émile Bernier en l’église paroissiale Saint-Désiré-du-Lac-Noir en présence de son parrain Henri Bernier et de sa marraine Délima Aubut.  De nos jours, Black Lake est un arrondissement de la ville de Thetford.  Il est peuplé de 5000 habitants.  Il possède une des plus grandes mines pour l’exploitation de l’amiante dans la région de Chaudière-Appalaches, située dans le sud du Québec.  Le nom de la ville vient du lac à proximité, le Lac Noir, qui a été asséché afin d’y ouvrir une des plus grande mine à ciel ouvert, afin d’y extraire de l’amiante chrysotile.


Photo de gauche: Les parents de Henri: Jean-Baptiste et Marie-Anna
Photo de droite:Henri âgé entre 1 et 2 ans

Son papa, Jean-Baptiste, travaille douze heures par jour dans une mine d’amiante pour subvenir aux besoins d’une famille nombreuse : Camille, Thérèse, Aline (2), Rita, Marie-Jeanne, Gérard, Henri, Lauréat et Claude.  Malheureusement, certains d’entre eux perdent la vie lors d’une épidémie de la grippe espagnole qui a sévit entre 1914-1918.  La maman Marie-Anna s’occupe d’une épicerie-restaurant et surtout éduque ses enfants dans la prière, l’amour, la joie… La famille se retrouve chaque soir dans la cuisine, au pied du crucifix, pour la récitation du chapelet et la prière du soir.  Henri s’installe auprès de son papa pour égrener avec lui son chapelet.  Au coucher, la maman le borde, fait une courte prière et l’embrasse tendrement.


Photo de gauche: Intérieure de l'église paroissiale où Henri fût baptisé.
Photo de droite: Église Saint-Désiré du Lac Noir, à Black Lake(Lac Noir) en Beauce.

Prenons au passage un événement qui fait connaître la maman éducatrice.  C’est le Jour de l’An, également l’anniversaire de naissance du papa.  Ce dernier donne sa bénédiction avant le repas.  À un certain moment, papa, pour calmer Henri, lui dit d’une voix grave : « Mon petit maudit, tiens-toi tranquille ».  Et la maman avec beaucoup de douceur l’enlace en lui disant : « Voyons Jean-Baptiste, tu viens de le bénir, pourquoi le maudire? ».  Henri ému se jette dans les bras de papa qui le sert très fort et, avec de grosses larmes, lui pardonne.


Maison familiale des GAGNON - 15 août 1947

En 1926 c’est grande fête.  Le petit Henri se rend à l’église avec sa famille pour recevoir des mains de l’évêque deux sacrements : l’Eucharistie et la confirmation.  À tous les cinq ans, l’évêque passait dans le petit village pour une visite pastorale.  C’est ainsi qu’Henri reçu pour la première fois Jésus dans l’Eucharistie et l’Onction du Chrême qui confirme la foi de son baptême.

Chaque matin, Henri sert la messe de Monsieur le Curé Lessard.  Un certain matin un incident cocasse le marque : la perruque de M. le Curé reste coincée dans son chapeau… Et le pauvre petit Henri se voit coller une sanction pour avoir ri devant cette méprise… à l’époque on ne riait pas pour si peu et surtout pas de M. le Curé.


Photo de gauche: Henri en 1932.
Photo de droite:Séminaire de Saint-Victor (Beauce)
Henri se trouve dans la 2e rangée, 3e personne à partir de la droite

Henri est âgé entre 18 et 19 ans.  La paroisse le soutient financièrement afin qu’il puisse entrer au Séminaire Saint-Victor, en Beauce, dirigé par des prêtres séculiers.  Il entreprend son cours classique en belles-lettres (français, latin, grec…), en rhétorique et en philosophie.  On lui découvre le talent de comédien.  Après plusieurs semaines de pratique, Henri personnifie Chimène dans la pièce de théâtre « Le Cid » de Pierre Corneille.  Vêtu d’un costume approprié : voile, robe, blouse et chevelure abondante(perruque), Henri, avec ses collègues du Séminaire, se surpassent dans cette œuvre de Corneille devant des centaines de personnes… devant la popularité de cette pièce de théâtre, plusieurs supplémentaires se sont ajoutées.  Voici une réplique souvent reprise par Henri où Chimène s’adresse à Elvire :

« C'est peu de dire aimer, Elvire : je l'adore ; 
Ma passion s'oppose à mon ressentiment ; 
Dedans mon ennemi je trouve mon amant ; 
Et je sens qu'en dépit de toute ma colère, 
Rodrigue dans mon cœur combat encor mon père : 
Il l'attaque, il le presse, il cède, il se défend, 
Tantôt fort, tantôt faible, et tantôt triomphant ; 
Mais, en ce dur combat de colère et de flamme, 
il déchire mon cœur sans partager mon âme ;
et quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir, 
Je ne consulte point pour suivre mon devoir : 
Je cours sans balancer où mon honneur m'oblige. 
Rodrigue m'est bien cher, son intérêt m'afflige ; 
mon cœur prend son parti ; mais, malgré son effort,
je sais ce que je suis, et que mon père est mort. »

À l’invitation du curé de l’époque, Henri se rend au petit village de Sainte-Aurélie pour enseigner.  On lui confie les classes de 5e année jusqu’à la 9e année. Il enseigne toutes les matières : le français, les mathématiques, l’histoire, la géographie, l’enseignement religieux… une expérience qui durera cinq ans.

Quelques années plus tard, Henri devient animateur de radio au poste CHRD à Drummondville.  Sa voix radiophonique fait fondre les cœurs de la gente féminine.  À peine arrivé, il sait se faire remarquer par son patron, M. Daniel Chantal ainsi que par la direction qui lui confie sa propre émission consacrée aux jeunes. Avec doigté, il détecte les jeunes talents et après des auditions, les enfants peuvent présenter leurs prestations sur les ondes.  L’émission de Samedi-Jeunesse devient tellement populaire que la direction réserve le théâtre Cartier qui est situé près de la station et des laissez-passer sont distribués aux jeunes et aux parents qui envahissent la salle de cinéma converti pour quelques heures en salle de spectacle où de nombreux jeunes défilent un à un pour présenter leurs chansons ou un poème récité par cœur.  Henri aime bien faire participer tous les jeunes avec des chants.  Des centaines de jeunes s’unissent à lui et brillamment il les entraîne dans cette chanson connue de tous : 

Les cloches du hameau - Chantent dans la campagne
Le son du chalumeau - Égaye la montagne

On entend, On entend - Les bergers, Les bergers
Chanter dans les prairies - Ces refrains si légers - Qui charment leurs amies
Tra la la - tra la la - la la la - Tra la la - la la la la - la la - la la

C’est l’heure du retour - Et la jeune bergère
Voyant la fin du jour - Regagne sa chaumière - On entent etc.

Lorsque dans le rocher - La tempête tourmente
Autour du vieux foyer - Joyeusement l’on chante - On entend etc.

L’émission débute à 10h00 avec le chant thème « Vive Samedi-Jeunesse » pour se terminer à 11h.00. Des commanditaires tels que Armand Toupin, René Lapierre et les Caisses Populaires Desjardins financent cette émission célèbre.  Henri est affectueusement appelé par les parents et les jeunes « mon oncle Henri » et la pianiste surnommée « tante pouce ».  Le 4 juin 1955, la veille de la Sainte-Trinité, on lui fait la surprise de célébrer son 34e anniversaire de naissance sur les ondes.  Son père Jean-Baptiste prenait part à cette fête en compagnie de Monsieur l’abbé Demontigny, vicaire à la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Drummondville.  Après avoir reçu de nombreux éloges et des dizaines de cadeaux, un petit garçon nommé Normand Morency offre à « mon oncle Henri » un immense gâteau garni de 34 chandelles.  Après avoir soufflé dans l’émotion les chandelles, le petit Normand lui dit avec tout son cœur : « Cher oncle Henri, à l’occasion de votre fête, vos neveux et nièces ont voulu témoigner leurs reconnaissances.  Nous vous disons un grand merci pour tout le dévouement que vous apportez à Samedi-Jeunesse et avec nos meilleurs vœux de Bonne Fête, veuillez accepter, cher oncle, cette petite fête surprise que nous vous offrons avec plaisir ».


Henri qui anime une émission de radio au théâtre de Drummondville

Tous les matins de la semaine, Henri se rendait au poste de radio pour animer une émission à 9h.00.  Lorsque des événements spéciaux le commandaient, la direction les lui confiait. 

À la grande ville, Montréal, Henri déniche, sur la rue Saint-Denis, près de la rue Sherbrooke, une maison de chambre à la Terrasse Saint-Denis.  Cette chambre contient un lit, une commode et un bureau de travail… de plus, quatre à cinq grandes fenêtres font entré la lumière du jour.  La règle de sécurité stipule qu’aucun chambreur ne doit faire la cuisine dans leur chambre.  Henri va donc régulièrement prendre ses repas dans un restaurant sur la rue Sainte-Catherine.  Après avoir bien mangé, il remonte à pieds la rue Saint-Denis, s’arrête pour prier dans l’église Saint-Jacques et continue sa route jusqu’à sa chambre.  Les premières semaines sont très éprouvantes pour lui.  Le tramway électrique qui longe la rue Saint-Denis est bruyant.  Le sommeil se fait léger… surtout lorsque l’opérateur du tramway met toute la puissance pour monter la grande côte.


Photo de gauche: Monsieur le directeur Henri Gagnon
Photo de droite: Henri, à son bureau de direction

Au mois d’août 1956, Henri obtient son brevet d’enseignement supérieur et quelques mois plus tard il est engagé par la commission scolaire de Pointe-aux-Trembles à titre de Directeur de l’école Sainte-Germaine-Cousin.  En fait, ce cher directeur se partageait entre les écoles primaire et secondaire qui étaient situées sur le même terrain.  Il exerçait son autorité avec simplicité.  Il savait se faire apprécier par les élèves et les professeurs.  Il était à l’écoute des personnes qui se présentaient à lui et cheminait respectueusement dans les différentes discussions.  L’aumônier ayant beaucoup d’écoles à visiter, ce dévoué directeur aidait à l’enseignement religieux et préparait les jeunes à leur communion solennelle. Ce dévouement était très apprécié par le curé de la paroisse et de son vicaire.


Le directeur d'école, M. Henri Gagnon, avec des élèves.(à droite de la photo)

Son expérience l’amène à Saint-Jérôme et on lui confie la fonction d’éducateur conseil.  Durant quelques années, il exerce son métier dans différentes écoles tout en étant disponible à des comités de toutes sortes.  D’ailleurs, lorsque Henri sent l’appel d’enseigner dans la grande ville de Montréal, c’est avec émotion que M. l’abbé Hervé Goulet rédige une lettre de recommandation à la Commission des Écoles Catholiques de Montréal (C.E.C.M.) : 

Monsieur Richard Galarneau,
Préposé à l’engagement,
C.E.C.M.
3737 Est, rue Sherbrooke,
Montréal 406

Bien Cher Monsieur,

Mon collègue, Henri Gagnon, éducateur-conseil à notre Pavillon Marchand de la Polyvalente Dollard-Des-Ormeaux, vient  de me rencontrer.  À sa demande de lui rédiger une lettre de recommandation je réponds bien volontiers mais non sans éprouver quelque regret en envisageant que l’acquisition que vous feriez serait pour nous une perte.

Aux chapitres de la compétence, du sens de la responsabilité, du bon comportement, de la disponibilité, du tact et du doigté, monsieur Henri Gagnon ne s’est jamais démenti.  J’en veux à l’appui les années qu’il a œuvré ici à Saint-Jérôme dans le secteur de l’éducation :

- la tâche immense assumée ici à Marchand depuis septembre ’69 comme animateur au niveau de chacun des clases qu’il rencontre chaque semaine, une période durant; au niveau aussi de toute la communauté estudiantine organisée en république qui intègre la participation de ses membres sans en faire des contestataires;

- la tâche magnifique accomplie en ’68-’69 au Pavillon Lessard, au niveau du secondaire V comme éducateur-conseil; les étudiants(es) l’ont vraiment apprécié et pour cause;

- la fonction d’éducateur-conseil au Pavillon Mgr Frenette au niveau des 8-9-10-11 èmes années avant la fondation de la polyvalente; les Frères des Écoles Chrétiennes et les professeurs laïcs lui portaient beaucoup d’estime;

- la charge de catéchète pendant deux ans au même pavillon au niveau des onzièmes années;

- la participation active à des organismes, à des comités dont le rôle fut très bénéfique auprès des parents, des responsables de l’éducation de nos jeunes et nos adultes;

Au risque de céder à certaines indiscrétions, nous nous devons de signaler outre son sens de l’engagement les heures, les fins de semaines qu’il a consacrées au service de l’animation des adultes et des jeunes, cela au point de porter  parfois préjudice à sa santé.  Monsieur Henri Gagnon ne s’est point désintéressé pour tout cela de sa propre culture : cours à l’Université, sessions d’étude, conférences, etc…

Mes collègues laïcs et prêtres qui l’ont connu n’hésiteraient pas, à mon sens, à souscrire à ce témoignage peu exhaustif en regard de la responsabilité et du mérite de monsieur Henri Gagnon.  Nous avons essayé d’user de probité et de gratitude à l’endroit d’un professeur, d’un éducateur qui ne nous quittera pas sans nous laisser plus riches.

En demeurant à votre disposition,

Hervé Goulet, ptre,
Animateur à la Pastorale à Marchand.
Évêché de St-Jérôme, C.P. 580

La lettre de recommandation mentionne les conférences que Henri prononce.  Depuis des années, Henri est membre du Cercle des Lacordaire de Montréal.  Cet organisme a été fondé en 1911 aux États-Unis par le Père Joseph-A. Jacquemet, dominicain.  En 1915, un premier Cercle est fondé à Saint-Ours.  L'objectif des Lacordaire est de «combattre par tous les moyens légitimes le fléau de l'alcoolisme».  Les Cercles regroupent des personnes qui s'engagent à être abstinentes vis-à-vis de la consommation d'alcool, soit dans le but de régler leur problème de consommation ou encore d'aider d'autres personnes en ce sens. 

Dans cette optique, cette association cherche à grouper «tous les catholiques du Canada qui s'engagent à lutter contre l'alcoolisme en pratiquant l'abstinence totale des boissons enivrantes.» En 1955, l'Association Lacordaire et Sainte-Jeanne d'Arc du Canada comptera plus de 138 000 membres, dont 6 000 dans le diocèse de Montréal.  Le bureau du Cercle des Lacordaire se trouve sur la rue Sherbrooke Est, près de la rue Papineau. À la suite d’élection, Henri devient président national.  C’est dans le bénévolat qu’il exerce cette présidence appréciée de tous.  À ce titre, malgré son horaire très chargé, à la demande des présidents de région, il parcourt le Québec afin de prononcer des discours.  L’avion est un moyen de transport très précieux lorsqu’ Henri doit se rendre dans des régions éloignées.  De grands ralliements s’organisent à Montréal et Henri en est le motivateur.  Ils rassemblent des centaines de personnes pour des conférences prononcées par de distingués invités.  La messe est également célébrée.

En 1968, Henri reçoit son diplôme en théologie pastorale à l’Université de Montréal.


Henri visitant sa maman à l'hôpital

Il signe son nouveau bail avec Les Immeubles Trans-Québec Limitée dont la mensualité est de 151.00 $. À la fin du mois d’avril 1972, Henri quitte son logement de la rue Troie, située près de l’Oratoire Saint-Joseph, pour emménager au 10e étage dans un appartement tout neuf  dans l’édifice ‘A’ de la Place Frontenac sur la rue Bercy, toujours à Montréal.  Ce logement climatisé et chauffé de 4 pièces ½  est moderne pour l’époque.  Un grand balcon offre une vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent.

La Commission des Écoles Catholique de Montréal(C.E.C.M) engage Henri comme professeur en enseignement religieux à l’école Jean-Baptise-Meilleur.  Il est accueilli dans son nouveau local par le directeur de l’établissement, le Frère Landry, f.c.  Notre ami Henri enseigne dans un milieu défavorisé.  Avec l’aide des élèves, il met sur pied un comité pour le mois de décembre  afin de préparer des paniers de Noël pour les familles et les jeunes qui sont dans le besoin.  Devant un grand succès, la collecte de produits non périssable devient une tradition annuelle.  De plus, pour les jeunes en difficultés financièrement, il achète lui-même des billets pour le transport en commun.

Deux fois par année, les parents et les jeunes se rassemblent dans la grande salle de l’école à l’occasion des Veillées Québécoises.  Plusieurs jeunes démontrent leurs talents dans des prestations de toutes sortes.  Comme à l’habitude, Henri fait salle comble à chaque représentation.  Son talent d’organisateur l’amène à fonder un petit journal scolaire intitulé « LA GAFFE ».  Les jeunes en sont les journalistes, les illustrateurs, les imprimeurs et les éditeurs.  À chaque jour, lorsque la cloche annonce la fin des classes, les jeunes se dirigent au local 101 pour composer les différents articles du prochain journal.  Henri aide les jeunes dans la composition : aucune faute ne lui échappe.

Dans des circonstances particulières, le Frère Landry nomme Henri animateur de pastorale pour toute l’école.  Comme professeur en enseignement religieux et à titre d’Animateur de pastoral, Henri prépare les jeunes à leur profession de foi.  L'école se trouve tout près de l'église paroissiale de Saint-Eusèbe-de-Verceil.  À l'occasion des préparatifs qui mènent à la célébration des jeunes, Henri rencontre le curé de la paroisse, Monsieur l'abbé Raynald Théorêt.  Avec lui, la liturgie prend forme et le moment arrivé, des centaines de fidèles prennent place pour célébrer la foi des jeunes sous l'animation de Henri Gagnon.  Plusieurs se réjouissent devant sa simplicité et son enthousiasme à transmettre la Parole de Dieu.  Un jour, il apprend par un enseignant de son école, M. Gérard Sauvé, que le diocèse de Montréal ouvre ses portes pour une vocation rétablie par Vatican II: le diaconat permanent.  Après avoir accepté sa candidature, Henri suit des cours à toutes les fins de semaine au Grand Séminaire de Montréal pendant 5 ans et accède ainsi aux différents ministères: lectorat, acolytat afin d`être ordonné diacre le 5 avril 1981 par son Excellence Monseigneur André-Marie Cimichella, évêque auxiliaire du diocèse de Montréal en l'église Saint-Eusèbe-de-Verceil.


Photo de gauche: le futur diacre recevant l'imposition des mains par Mgr André-Marie Cimichella entouré de
feu Mgr Beanjamin Tremblay, vicaire épiscopal région Sud, feu M. l'abbé Claude Gagnon (frère du diacre Henri),
M. l'abbé Raynald Théorêt, curé de la paroisse Saint-Eusèbe, M. Martin Mc Nicol, secrétaire de Mgr Cimichella.
Photo de droite: Henri Gagnon reçoit la mission de Proclamer la Parole de Dieu.

Durant plus de 6 ans, Henri exerce son ministère d'une manière irréprochable.  Le Curé lui confie la direction de la liturgie et l'administration du sacrement de baptême.  À la grande surprise de ses anciens élèves, c'est ce cher diacre qui procède au baptêmes de plus de 1000 enfants.  C'est une joie et un honneur pour ses anciens étudiants de voir leur professeur d'offrir ce sacrement d'initiation à ces nouveaux-nés qui deviennent enfant de Dieu.  À tous les mois, le diacre Henri et son ami Sylvain qui était son collaborateur en pastorale baptismale, accueillaient au presbytère les parents les parrains et les marraines au pour sensibilser ceux-ci sur l'impostance de ce sacrement d'initiation.  Dans son beau ministère diaconal, Henri a vécu de beaux moments mais aussi des moments difficiles, entr'autre le décès d'un petit bébé avant même qu'il soit baptisé.  Le téléphone sonne chez lui, les parents tout en pleurs s'adressent à lui avec confiance ne comprenant pas cette épreuve indescriptible.  Henri suggère de les accompagner dans leur souffrance et se rend au salon funéraire afin de prier, non pas pour ce petit ange, mais pour la famille qui se culpabilise de ne pas l'avoir baptisé à temps.  Henri, avec son coeur de papa répond: "Par votre démarche entreprise pour le faire baptiser, cet enfant a reçu le baptême par désir".  Un jour plus tard, Henri les accueillit à l'arrière de l'église Saint-Eusèbe en bénissant le bébé qui reposait dans une petite tombe.  Toutes ces petites attentions ont été grandement appréciées par cette famille qui, aujourd'hui encore, est reconnaissante devant cette disponibilité que le diacre a su manifester.


Photo de gauche: le diacre Henri au chevet d'une famille éprouvée.
Photo de droite: Henri avec les parents d'un nouveau baptisé.

Un jour, Henri revoit un ami qui est également professeur, le Père Georges Faresse, de l'Église Grecque Melkite Catholique d'Antioche et de tout l'Orient qui est unie au Saint-Siège.  La particularité de cette Église: elle a gardée la Divine Liturgie de Saint Jean Chrisostôme, rite ancien avec laquelle les prêtres célèbrent la Messe.  Avec Sylvain,  un jeune protégé qu'il encourage à faire ses études, il appartient à un Tiers-Ordre Servite de Marie dont le Prieur est le Père Georges.  Après avoir été revêtu de l'habit religieux du Tiers-Ordre, le diacre Henri et Sylvain font peu à peu  la connaissance d'un grand Serviteur de Dieu en la personne de saint Pérégrin, patron des malades qui souffrent de maux de jambes, de gangrène et de maladie de longue durée.  Comme Henri est animateur de pastoral aux Habitations Frontenac de Montréal, il en profite pour faire connaître ce saint religieux dont son corps est conservé à Forli, en Italie.  Au mois de juillet 1986, Henri et le jeune Sylvain se rendent au Sanctuaire de Sainte-Anne à Beaupré afin de suivre la neuvaine présidée par Mgr Cimichella.  Lors d'un entretien privé, Monseigneur explique l'incapacité de faire un lieu de prière à la cathédrale de Montréal afin que les paroissiens puissent en déduire qu'il profite de son rôle de Curé pour obliger une place réservée à un saint de sa communauté.  C'est alors que Henri suggère un rassemblement en l'honneur de saint Pérégrin à l'occasion de sa fête liturgique, le 4 mai 1987, en la cathédrale de Montréal.  Malgré une grève des transports en commun, ce soir là, des centaines de priants se rassemblent en la Basilique-Cathédrale de Montréal pour rendre hommage à ce saint thaumaturge sous la présidence de Mgr Cimichella, assité par le diacre Henri Gagnon et animé par Sylvain Tremblay.  Quelques jours plus tard, les appels téléphoniques ne cessent d'entrer au bureau du diacre Henri afin qu'un lieu de prière s'ouvre en l'honneur de saint Pérégrin...  Il faut cependant admettre que tout est facilité par la méditation du chapelet qui a lieu quotidiennement sur les ondes de CFMB 1410 dont le jour qui est réservé à notre cher diacre est le jeudi soir.  En effet, sur les ondes, il en profite pour faire connaître saint Pérégrin invitant les priants à s'unir à lui dans la prière pour l'ouverture d'un lieu de prière en son honneur.


M. le diacre Henri Gagnon priant le chapelet à la Cathédrale de Montréal  sur les ondes de CFMB 1410 AM

Après avoir fait les démarches nécessaires auprès de Monsieur l'abbé Raynald Théorêt, curé de la paroisse de Saint-Eusèbe, et avec sa permission, le diacre Henri demande à Mgr Cimichella de retenir dans son agenda la date du 11 octobre 1987 afin d'inaugurer le lieu de prière tant attendu par des centaines de fidèles.  Une connaissance du diacre Henri, Mlle Cordélia Beauchamp, contribue comme première donatrice à l'Oeuvre de Saint-Pérégrin, en offrant un don substantiel afin d'ouvrir la première charte préparée par Me Jean Roy, notaire, dont les premiers fiduciares sont Henri Gagnon, diacre et Sylvain Tremblay, animateur de pastoral, et de faire peindre l'icône de saint Pérégrin qui sera dévoilée par l'évêque Cimichella lors de l'inauguration.  Notre cher diacre désirait pour l'ouverture une statue de saint Pérégrin.  Durant l'été précédent l'inauguration du Sanctuaire, en compagnie de Mgr Cimichella et de son secrétaire Sylvain, Henri se rend à la paroisse Notre-Dame-de-la défense afin de rencontrer le curé de l'époque.  Le but de cette visite était de demander au clergé de l'église de se procurer la belle statue de saint Pérégrin malade qui est soutenu par un ange...  cette statue était installée dans un grand couloir attenant à l'église.  Malheureusement, le curé n'a pas acquiessé à sa demande.   Devant les frais considérables à l'époque, Henri avait privilégié une icône "écrite" dans la prière par Madame France Livernois. Le jour de l'inauguration, le 11 octobre 1986, plus de 1400 personnes envahissent l'église Saint-Eusèbe pour honorer le grand saint de l'espérance: SAINT PÉRÉGRIN.


Icône bénite par Mgr André-Marie Cimichella.
Emblême internationale du Sanctuaire de Saint-Pérégrin.

C'est avec émotion que Mgr Cimichella dit à une foule très nombreuse et priante: "Saint Pérégrin vient d'obtenir son premier miracle dans son Sanctuaire..."  Cela confirme à Henri le choix de l'icône de saint Pérégrin qui est l'emblême de ce Sanctuaire de puis plus de 21 ans.  Combien de fois ce cher Henri à tendu ses mains vers cette icône... nombre de fois que les pèlerins ont déposé leurs intentions de prière au pied de cette image d'un saint qui demande sa guérison à Jésus... chaque lirurgie nous amenait automatiquement devant cette icône et d'une manière spontanée était encensée par le prêtre qui célébrait la messe.  Henri disait souvent "... que nous sommes le seul Sanctuaire au Québec qui a comme emblême une icône, les autres ont une statue représentant leur saint patron".  Cette icône, qui se trouve au côté gauche du choeur de l'église, est devenue pour de nombreux malades source d'espérance et trouvent en ce grand saint un compagnon de route sur lequel ils peuvent s'appuyer.  Le baldaquin bleu marial qui loge cette belle icône souligne l'année mariale décrétée par le Pape Jean-Paul II le 7 juin 1987.

Depuis cette inauguration, ce lieu de prière est devenu un Sanctuaire diocésain reconnu par corporation diocésaine émise par l'archevêché de Montréal.  Des écrits ont égalements été publiés par le diacre Henri Gagnon:

Biographie Aimable Patron Saint Pérégrin (Henri Gagnon et Sylvain Tremblay)
Neuvaine à saint Pérégrin, 16 pages (Henri Gagnon)
Image de saint Pérégrin avec prière, 2 versions (Henri Gagnon)
Articles dans la Voix du Sanctuaire de Saint Pérégrin- Montréal.
Les Litanies en l'honneur de saint Pérégrin

Henri a même réussi le coup de force en convaincant la direction de Radio-Canada pour que la messe soit diffusée sur les ondes afin que les gens puissent découvrir un jeune Sanctuaire dédié à un saint peu connu.

Depuis l'inauguration du Sanctuaire, des milliers de pèlerins ont été accueillis par ce diacre dévoué dont sa caractéristique était son sourire.  D'ailleurs, à toutes les personnes qu'il rencontrait, il avait deux petite phrases charmantes:"Bonjour, vous avez un beau sourire", ou "Vous mon beau petit rayon de soleil."


De gauche à droite: Père Jean Pilon, Diacre Fernand Gaumond, M. le Cardinal Jean-Claude Turcotte,  Diacre Henri Gagnon, Diacre Léo Thibault

À l'occasion du 15e anniversaire du Sanctuaire, son Éminence le Cardinal Jean-Claude Turcotte, accepte de venir célébrer la fête liturgique de saint Pérégrin.  Devant plus de 1500 pèlerins, Monsieur le Cardinal s'exprime ainsi dans son Homélie:

Actes des Apôtres 8, 5-8.14-17
1 Pierre 3, 15-18
Jean 14, 15-21 

Il existait beaucoup de malades au temps de Jésus et il en existe encore beaucoup aujourd'hui.  Jésus a guéri plusieurs malades qui se sont approchés de lui ou vers qui il s'est approché, mais il ne les a pas tous guéris.  Les guérisons qu'il effectuait témoignaient de sa compassion pour les malades et de la puissance de vie qui l'habitait. Elles manifestaient aussi que, grâce à sa présence et son action, le Royaume de Dieu était tout proche (Mt 4, 17).  Le Royaume de Dieu est un royaume de vie. Jésus est venu apporter la vie, et l'apporter en abondance (Jn 10, 10).  Quand Jésus envoya devant lui les douze apôtres pour qu'ils préparent sa venue, il leur donna « le pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité (Mt 10, 1) ».  Au lendemain de sa mort et de sa résurrection, ce pouvoir ne fut pas retiré aux disciples. Il leur fut plutôt confirmé. Le passage des Actes des Apôtres que nous venons d'entendre l'atteste en parlant de Philippe :  « Philippe […] proclamait le Christ. Les foules s'attachaient à ce qu'il disait. […] Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits mauvais […]. Beaucoup de paralysés et d'infirmes furent guéris (Ac 8,5.6.7) ».  Beaucoup furent délivrés, mais pas tous. Beaucoup furent guéris, mais pas tous. Le pouvoir confié aux disciples avait pour fonction particulière de manifester que Jésus était vraiment ressuscité et qu'il était un donneur de vie nouvelle.  Par la suite, au long de l'histoire de l'Église, les disciples du Christ n'ont jamais cessé de prier pour leur propre guérison ou pour celle des personnes qui leur étaient chères.  Ils l'ont fait soit en s'adressant directement à Dieu ou au Christ soit par l'intermédiaire de saintes et de saints devenus célèbres après avoir été implorés pour la guérison de telle ou telle maladie.

Canonisé par le pape Benoît XIII en 1726, saint Pérégrin a été déclaré patron des personnes qui souffrent de maladies incurables, de maux de jambes et de gangrène.  Vous savez sans doute pourquoi.  On raconte qu'alors qu'il était Servite de Marie, Pérégrin s'était imposé de ne jamais s'asseoir, ce qui lui causa de graves problèmes circulatoires aux jambes et la formation de gros ulcères. Les médecins décidèrent d'amputer sa jambe. La veille de l'intervention chirurgicale, Pérégrin invoqua ardemment le Christ crucifié et fut guéri.  Voilà maintenant quinze ans que l'œuvre et le sanctuaire Saint-Pérégrin existent à Montréal.  Il y a lieu d'en rendre grâce, car beaucoup de personnes — en particulier des malades — sont venues prier ici et y ont trouvé du réconfort.   Prier pour guérir soi-même ou pour que des malades que l'on connaît guérissent est une démarche de foi tout à fait normale.  Un enfant qui souffre demande à ses parents de le soulager.  Dieu est notre Père. Nous pouvons donc le prier avec un cœur d'enfant.  Nous pouvons tout lui demander et demander encore, comme le font les enfants et comme Jésus nous a lui-même invité à le faire.  « Demandez, vous obtiendrez; cherchez, vous trouverez; frappez, la porte vous sera ouverte. Celui qui demande, reçoit; celui qui cherche, trouve, et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira. Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain […] ? Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent (Mt 7, 7-11)! »  Le Christ ne promet pas que tout ce que nous demanderons nous sera donné. Il promet que chaque fois que nous implorerons Dieu avec sincérité, « de bonnes choses » nous seront données.  Dieu nous donnera ce qui nous est nécessaire pour poursuivre notre route, pour lutter contre le mal et la maladie, et pour découvrir le sens de ce qui nous arrive.  Parfois, il nous donnera la guérison.  En tout temps, il nous donnera l'Esprit Saint, nécessaire pour surmonter les épreuves et ne pas désespérer.  « Je prierai le Père, a dit Jésus, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c'est l'Esprit de vérité (Jn 4, 16-17a) »  L'Esprit nous unit à Dieu que nous appelons Notre Père et au Christ qui est notre frère.  Il vient nous réconforter en tout temps pour que nous soyons en mesure de « rendre compte de l'espérance qui est en [nous] (1 P 3, 15b)».  Il nous fait comprendre que le Christ qui « a été mis à mort… a été rendu à la vie (1 P 3, 18)» non pas pour lui seul, pour que nous subissions un jour un sort semblable aux siens.
Il prie lui-même en nous, nous aidant à toujours terminer nos demandes en disant avec le Christ : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne (Lc 22, 42.). »

Que cette grâce de savoir remettre notre existence entre les mains de Dieu nous soit donnée et qu'elle ne nous manque jamais. AMEN 

notes
1) Henri Gagnon, dans Vivreen Église, 19 novembre 2001, p. 469 retour au texte 

2) Luciano Sterpellone, Les Saints et la Médecine, Médiaspaul, 1997, p. 214 et Vies des saints par les RR. PP. Bénédictins de Paris, Tome V (mai), p. 29-30 : « … il passa le reste de ses jours dans les travaux, les veilles, les jeûnes et les prières. La mortification était telle que durant tout ce temps on ne le vit jamais s'asseoir ; quand il était accablé de lassitude ou de sommeil, il s'appuyait contre une pierre. Il ne se coucha jamais dans un lit, même pendant ses maladies. »

Une souffrance vient envahir le coeur du diacre Henri: son garçon "d'adoption ", le petit Sylvain entre dans une communauté Vieille Catholique afin d'étudier pour devenir prêtre.  Cette Église est sanctionnée par Rome mais répandue à travers le monde depuis 1721.  Il est ordonné prêtre le 8 décembre 1990 dans la communauté de l'ordre Franciscain conventuel dont la branche est issue des Églises Orthotodoxe et Gallicane.  Comme un père, il accepte sa décision et quelques années plus tard  lui demande de rejoindre l'administration de Saint-Pérégrin puisqu'il connaît ce saint religieux sur le bout de ses doigts.  Devant la maladie de M. Charles Lévesque, fidèle collaborateur depuis la fondation de l'Oeuvre de Saint-Pérégrin, Sylvain est appelé en renfort par le diacre Henri Gagnon afin qu'il puisse, à l'occasion, animer les différentes liturgies au Sanctuaire de Saint-Pérégrin.  C'est avec discrétion qu'il exerce son rôle d'animation apprécié de tous.  Sa manière d'être et son enthousiasme gardent des centaines de pèlerins assis sur leurs bancs durant plus de 2 heures.  Son animation est tellement vivante que les organisateurs et organisatrices d'autobus exercent une pression sur le diacre Henri afin que celui-ci puissent animer les différents pèlerinages à venir.  C'est avec tristesse que nous apprenons le décès de M. Charles Lévesque, le 26 octobre 2002, laissant dans le deuil sa deuxième famille: l'Oeuvre et le Sanctuaire de Saint-Pérégrin.

En 2002, le Dr François Michaud, dont ses bureaux sont situés sur la Rive-Sud de Montréal, confirme le diagnostic suivant: Henri est atteint de la maladie d'Alzheimer...  c'est imposible, s'écria Sylvain! Après quelques examens médicaux un peu plus approfondis, nous sommes obligés à nous ralliés au médecin et commencer le traitement avec la rivastigmine (Exelon)  afin de ralentir la maladie.  Quelques années plus tard, devant l'inaction de ce médicament, on lui prescrit le donepézil (Aricept).   Malheureusement, entre temps, après une biopsie,  Henri apprend qu'il est atteint d'un cancer à la prostate.

Au moment où le diacre Henri ne peut plus diriger l'Oeuvre de Saint-Pérégrin; après que le Conseil d'administration de l'Oeuvre et du Sanctuaire de Saint-Pérégrin ait renouvelé le contrat de Sylvain comme secrétaire de l'Oeuvre et animateur du Sanctuaire, le conseil d'administration de l'Oeuvre et du Sanctuaire de Saint Pérégrin, à la demande de Mgr Anthony Mancini, évêque auxiliaire de Montréal, se réuni à nouveau à l'été 2006 et  par la voix du Père Pierre Côté, vicaire épiscopal, demande à Sylvain de démissionner de l'Oeuvre de Saint-Pérégrin parce qu'il est prêtre d'une autre Église, malgré le travail accompli depuis plus de 15 ans.  Comme compensation, l'Oeuvre de Saint-Pérégrin lui verse le montant de 24 000.00 $, soit une année de salaire.

De plus, le nouveau curé, l'abbé Yves Robert, pour des raisons personnelles, n'accepte pas que l'icône de saint Pérégrin, tant priée par les pèlerins et Monsieur le diacre Henri Gagnon, soit dans l'église.  Malheureusement, une levée de fond se fait en disant dans une lettre datée du 25 février 2008: "Depuis 1987, nous rêvions d'une statue de St-Pérégrin.  Notre rêve se réalise enfin puisque cette statue est présentement en fabrication en Italie."    Cela n'a jamais été le rêve des fondateurs après la fondation, encore moins de notre cher diacre Henri.  D'ailleurs, depuis plus de 18 ans de direction de ce diacre, lui qui réalisait toujours ses projets, il l'aurait cette statue depuis longtemps!  Honnêtement, les membres du conseil d'administration désirent tout simplement se plier aux exigeances de ce nouveau curé "afin de ne pas se le mettre à dos" disait Mme Laurence Goupil, administratrice, lors d'un entretien téléphonique avec Sylvain Tremblay.  Les fonds récoltés auprès des pèlerins seront tout simplement pour enlever l'icône de saint Pérégrin bénite par Monseigneur Cimichella afin de satisfaire les goûts personnels de Monsieur le Curé Yves Robert.  Comme le disait si souvent Henri: "Mettons ça entre les mains de JÉSUS".  Oui, mettons ça entre les mains de Dieu afin qu'on respecte l'esprit du fondateur.

Depuis l'été 2007, Henri ne prend plus de médicaments contre la maladie d'alzheimer puisqu'il n'y répond plus.  Avec son épouse Marie, Sylvain le soigne très bien et lui assure une vie stable à la maison située à La Praire, près de Montréal.  Malheureusement, lui qui a tant fait comme directeur bénévole au Sanctuaire de Saint-Pérégrin durant 20 ans, HENRI ne reçoit  pas d'appel téléphonique des dirigeants et n'a pratiquement aucune visite.  Comme Henri disait si souvent lorsque qu'il était en santé: "Il est préférable de faire son purgatoire sur la terre avant de monter au ciel".

Henri a beaucoup voyagé durant sa vie... il a visité plusieurs pays: France, Grèce, Yougoslavie, Espagne, Colombie, Mexique, États-Unis, Guadeloupe, Martinique...  Malgré la maladie, Henri a fait son dernier voyage en décembre 2007 et janvier 2008 en se rendant au Moyen-Orient.  L'épouse de Sylvain est originaire de ces beaux pays que sont le Liban et la Syrie.  Des centaines de photos rappellent ce voyage que Henri a fait, entr'autre à Damas, endroit où l'Apôtre Paul, après sa conversion, a recouvrer la vue par les mains de saint Ananias.


Photo de gauche: le diacre Henri dans les rues de Beyrouth, au Liban. (déc. 2007)
Photo de droite: le diacre Henri avec son ami et sécrétaire Sylvain Tremblay, à Mishtayeh, en Syrie. (janv.2008)

C'est le Père Sylvain Tremblay, de l'Église Chrétienne Catholique Traditionnelle et son épouse, Mme Marie Sallit-Tremblay, qui sont à son chevet et lui prodiguent les soins nécessaires que son état de santé exige.  De plus, Sylvain demeure toujours le secrétaire particulier de cet homme de Dieu en qui il a mis toute sa confiance.

HENRI GAGNON
Un Diacre au service des Malades.

Que votre prière le soutienne et rendons grâce à Dieu pour tout ce que le DIACRE HENRI GAGNON a accomplit pour sa gloire.
 
 

Pour prendre des nouvelles de Monsieur le diacre Henri Gagnon:

Mission Vieille Catholique Sainte-Croix
a/s de Père Sylvain Tremblay
320, Boul. de la Magdeleine
La Prairie, Québec, J5R 3Z8
(450) 619-9363

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